Retour  Retour
février 2014

Über donne des ailes

Über donne des ailes En pleine révolte des taxis, les arguments des chauffeurs pour repousser la concurrence des VTC me laissaient dernièrement songeur. J'ai appelé ce cher Über, et la réponse arriva sur un plateau. Pendant que les premiers pensaient réglementation et droit d'entrée, les autres pensaient consommateur et valeur ajoutée. Un cap, une péninsule même, qu'il fallait absolument explorer.

Mon expérience avait commencé deux semaines auparavant. Ayant entendu parler d’Über, nouveau service de chauffeurs à la demande, les fameux VTC, j’avais téléchargé l’application et renseigné mon numéro de carte bleue, comme sur l’Appstore ou sur Amazon, pour pouvoir commander plus vite le moment voulu.

J’avais à moitié oublié Über, jusqu’à ce jeudi après midi, où je devais relier rapidement l’avenue d’Iéna à la Gare du Nord. Habitué aux Taxis parisiens, je ne me doutais pas du bouleversement qu’allait provoquer cette banale application. Un clic sur « commander un chauffeur », et celle-ci me demande de confirmer que je suis bien au 39 rue d’Iéna. J’acquiesce, et vois alors, sur Google Map, une voiture s’engager dans la rue. Un texto arrive, et me dit que mon chauffeur s’appelle Alex. Pas le temps de ranger mon portable que la voiture se gare, qu’Alex descend, ouvre la porte et me dit « Bonjour Monsieur, vous êtes bien Vianney ? ». Il s’est passé moins de 3 minutes depuis ma sortie de l’immeuble.

La voiture semble neuve. Ca sent bon et il y a de l’eau fraîche à disposition. Alex porte un costume cintré, me demande mon trajet préféré, et le style de musique que je veux écouter. Arrivé Gare du Nord, je reçois un mail sur mon portable : le récapitulatif de mon trajet, le montant de la TVA et le montant qui va être débité sur ma Carte Bleue. Alex me serre la main, me regarde droit dans les yeux, et me souhaite une bonne journée. Quelques minutes après, je suis invité à évaluer sa prestation sur mon iPhone, et j'apprendrai plus tard que lui aussi m'a attribué une note.

Le service offert par Über est simplement bluffant. Au-delà de son positionnement haut de gamme, Über s’est posé une question que les Taxis ne se sont pas posée depuis longtemps : celle du client. Réserver une voiture en moins de deux clics, ne pas se sentir coupable de faire un trajet court, voyager dans le calme, recevoir une facture détaillée à transmettre directement à son comptable sans avoir à se battre avec de la petite monnaie... Avec des prix à peine plus élevés que ceux des Taxis, Über a construit tout son concept pour son client, jusqu’à l’élégance et à la finesse du service rendu.

Dans une société paralysée par la peur et par les conservatismes, Über n’a pas seulement le talent de tirer le meilleur profit des nouvelles technologies. La société a surtout le mérite de valoriser ses chauffeurs, et de les rendre fiers de leur prestation et de leur outil de travail. Le service est tellement intuitif et bienveillant qu’on se surprend à trouver une Peugeot hyper confortable et à prendre une petite bouteille d’eau pour un cadeau incroyable. Des détails qui n’en sont pas et qui, toutes proportions gardées, valent dix mille plans de relance et autres pactes de responsabilité. Ils donnent envie de profiter, de passer une bonne journée et... de consommer, parce qu’ils sont valorisants. Ils vous font dire que chauffeur est un beau métier, que Peugeot est une belle marque de voitures, que votre smartphone est décidément capable de tout et que de l’eau fraîche, c’est le summum entre deux rendez-vous. Des détails qui ne sont rien, et qui créent de la valeur.

Lancée il y a quatre ans en Californie, Über ne fait en fait pas les choses à moitié. Comptant parmi ses investisseurs la banque Goldman Sachs, Google et Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, la petite société est valorisée en ce début d’année 3,5 milliards de dollars. Le prix, largement justifié, d’une obsession du client qui laisse pantois.

En fait, si Über donne le moral, c’est parce qu’elle permet de se rendre compte que les métiers les plus inattendus sont réinventables. Quel que soit le business, quelle que soit la réglementation et quelles que soient les mauvaises habitudes prises par une profession toute entière, chaque métier est reconstructible à partir de zéro, et surtout à partir du client.

Posez-vous la question du métier que vous exercez aujourd’hui. Demandez-vous, en vous affranchissant de toute contrainte légale, d’organisation ou de prix, ce dont rêve votre client à chaque étape de son processus d’achat. Vous êtes l’Über de demain.

Vianney BOURGOIS

le 26.02.14 à 12:34
par trub
tellement vrai ! a bientôt Xavier TRUB
le 27.02.14 à 08:20
par Max KRUSADOR
Un vrai service de TSAR !!! Encore un très bel article,incroyable.... Il ne manque que du KRUSADOR rosé dans les Mercedes... Bises à tous. Max
le 27.02.14 à 08:20
par Max KRUSADOR
Un vrai service de TSAR !!! Encore un très bel article,incroyable.... Il ne manque que du KRUSADOR rosé dans les Mercedes... Bises à tous. Max
le 27.02.14 à 13:53
par Bruno Fermier
Très intéressante expérience. J'apprécie particulièrement la conclusion : "les métiers les plus inattendus sont réinventables"... c'est tellement vrai ! Merci Vianney
le 28.02.14 à 09:33
par JP
Tellement vrai ! Mais pourquoi ne pas parler des petits Français en la matière ? (Chauffeur-Privé, ...)

Laissez-nous
vos commentaires


Tous les champs sont obligatoires