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février 2013

Ton visage n’a pas de concept ma chérie

Ton visage n’a pas de concept ma chérie Dans «Nouveau look pour une nouvelle vie», la célébrissime Cristina enchaîne les remarques désobligeantes pour faire de vieux ringards et de tristes femmes des hommes séduisants et des femmes ravageuses. Sans aller jusqu’au ravalement de façade, l’image de marque que porte le dirigeant est fondamentale pour celle de son business. Attitude, voiture, vêtements, ponctualité et comportement sur les réseaux sociaux : on l’oublie trop souvent, mais le look and feel de l’entreprise, c’est d’abord celui de ses dirigeants.

On l’a tous rencontré, cette jolie fille ou ce bel homme au charme fou. On s’en est tous approchés et le ou la pauvre s’est mis à parler. On est alors restés sans voix devant son profond accent patois. Et on s’est tous dit qu’on ne se ferait pas avoir une seconde fois.

Par temps de crise plus que jamais, la cohérence que vous dégagez entre la forme et le fond de ce que vous vendez n’est plus une option, c’est une nécessité. De la même manière que Jean-Claude Convenant ne pourra jamais vendre sérieusement de produits financiers, il est un ensemble de convenances que le manager de 2013 ne peut ignorer pour convaincre à la fois baby boomers et jeunes recrutés de la dernière heure.

Le retour du carnet Moleskine et la disparition des femmes nues dans les magazines pour hommes sont le signe d’une nouvelle ère : celle du juste mix entre élégance traditionnelle et nouveaux codes de communication. En tant que dirigeant, c’est la fine utilisation de ces codes qui vous placera du bon ou du mauvais côté de la barrière : tandis que Steve Jobs, avec tous ses défauts, était inimitable lors de ses grands shows, Xavier Niel, le patron de Free, passe lui pour le nouveau riche maladroit et un peu vulgaire qui peine à convaincre à coup de pseudo révolutions et de communication mal orchestrée. En assumant ses tocs personnels et son obsession maladive de la pureté, Steve Jobs a créé des produits que le marché a mis des années à rattraper. Sans véritable fond et avec une tentative de personnalité copier-coller, Xavier Niel a créé une nouvelle offre rattrapée en quelques semaines par la concurrence le temps de se retourner.

L’exemple de ces deux hommes évoque à lui seul la finesse dont doit faire preuve le dirigeant dans la gestion de son image : être en accord avec soi-même est le premier stade d’une image réussie, quitte à prendre le risque de déplaire. Vivre sereinement son côté geek ou son penchant un peu trop chic, c’est imposer le respect dû au dirigeant qui sait ce qu’il fait. Et tout doit en découler : le choix d’une Volkswagen pour celui qui revendiquera élégance et discrétion, d’une Audi pour celui dont le métier est réputé un peu plus flambeur. Le choix d’un stylo plume pour les métiers de conseil, et d’un stylo robuste pour les métiers plus techniques. Le temps où le dirigeant devait cacher ses signes de réussite pour ne pas effrayer son client est révolu : il s’agit aujourd’hui d’afficher les bons signaux, sans jamais sombrer dans l’excès de simplicité ou, à l’inverse, dans la vulgarité.

S’il est un impératif qui relie la création d’entreprise et la gestion de son image de marque personnelle, c’est celui de se connaître à fond avant de passer à l’action, pour ne mentir ni à soi-même ni à son entourage dans ses choix de communication.

Ceci étant dit, ceux d’entre vous qui se cherchent peuvent déjà appliquer les quelques règles de base du dirigeant gentleman de 2013 : prendre des notes en RDV plutôt que se réfugier derrière son iPad, ne pas confondre images personnelles et professionnelles sur Facebook, prendre le temps de séduire en plusieurs étapes sur Viadeo et ne pas accepter comme contacts tous les badauds, arriver avec 5 minutes d’avance en rendez-vous, parler en bien de ses concurrents, afficher un sourire franc et souriant, et ne plus s’autoriser une seule faute de français à l’écrit ou en parlant.

Il paraît que 55% de ce que l’on communique est non verbal. Ce chiffre semble un peu arbitraire, mais il est révélateur de la nouvelle défiance du consommateur envers les marques, plus attentif que jamais à la cohérence de leur discours, de leurs produits, de leurs choix stratégiques et du comportement de leurs dirigeants.

Vianney BOURGOIS

le 21.02.13 à 12:56
par DENNERY Jean-Laurent
Il convient donc de confirmer que de nos jours, le paraître reste encore et toujours hyperactif... Pourtant ce que recherche un client face un dirigeant est le savoir-faire... Merci pour cet article de choc qui me met une grosse claque et me fait reprendre conscience de certains éléments... on pense bien faire, mais le point de vue extérieur est très important, "to be seen correctly"

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