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avril 2010

On a perdu les acteurs de la relance

On a perdu les acteurs de la relance Est-ce la crise qui veut ça ? Ou le matraquage culpabilisant des médias ? Ou plus bassement... la mauvaise foi ? Toujours est-il que, si vous cherchez dans la rue quelqu'un qui accepte de se remuer pour remettre notre pays sur les rails de la croissance, vous allez avoir du mal à le trouver. Heureusement, pour nous sortir de là, Paul Arden a la clé.

J’ai eu la chance, depuis quelques semaines, de passer de longues heures avec des banquiers, à l’occasion de la négociation d’un prêt. Situation banale s’il en est : destiné à financer une petite partie de la croissance de l’agence, l'emprunt était plus que mesuré.

Après plusieurs rendez-vous à l’utilité toute relative, nous en sommes arrivés, avec le banquier principal de Be Seen, à nous regarder dans le blanc des yeux sans mot dire, ne trouvant pas de solution pour « faire passer » l’emprunt auprès de sa direction.

Croissance importante, quasi absence de dettes, clients bon payeurs, situation bénéficiaire depuis la création de l’agence : aucun de ces arguments objectifs ne tenait la route face la sacro sainte crise, bloquant tout sur son passage. J’étais subjugué. Aucun voyant ne pouvait être plus au vert me concernant, et pourtant le contexte avait raison de toute notre bonne volonté.

Le réflexe très français de reporter tous les malheurs du monde sur les systèmes atteignait là son paroxysme. Les médias nous rabâchent à longueur de journée que la remise en marche de l’économie ne dépend que de deux acteurs : les chefs d’entreprises et les banquiers. La porte fermée, concentrés, nous étions bien là, nous les acteurs de la reprise. Un financeur, doté de moyens, et un décideur, dont le financeur connaissait la fiabilité. Tous deux impuissants.

Rassurez-vous, un autre partenaire financier a, quelques semaines plus tard, décidé de faire son métier. Mais l’absurdité philosophique de la situation mérite tout de même d’être soulignée. Il est temps, plus largement, de créer un nouveau courant politique : celui de la responsabilité et des choix assumés. Car reporter la responsabilité, c’est confier la décision à un autre. Et quand on donne la responsabilité à un contexte, à un système ou aux autres en général, on décide sciemment de devenir impuissant.

Paul Arden, dans son excellent essai « Vous pouvez être ce que vous voulez être », l’explique mieux que personne. « Si un projet auquel vous avez participé échoue, ne reportez jamais la faute sur les autres. N’accusez que vous-même. Si vous êtes intervenu d’une manière ou d’une autre, assumez l’entière responsabilité du projet. Si vous endossez la responsabilité, vous êtes en position de réagir ». Tout est là : au moment où l’on dit « je suis responsable », on se rend décideur, instantanément. Comme l’atteinte de n’importe quel autre objectif, la résolution d’un problème n’est qu’un choix, que l’on peut décider de faire ou non

Chez Be Seen, quelques expressions sont ainsi bannies, parmi lesquelles « on verra », qui emporte la palme de la contre-productivité. On ne verra rien du tout : on décide, on agit et on assume. Si tous les financeurs et décideurs s’y mettaient, cette satanée crise ferait déjà partie du passé.

Vianney BOURGOIS

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le 07.04.10 à 09:47
par jacques letellier
Pas mal d'années d'expérience m'ont prouvé que La solution n'était pas toujours là où je l'attendais. Ténacité n'est pas entêtement. Be Seen montre le chemin de la communication réussie; en partageant entre entrepreneurs sur tous les sujets, on peut trouver des pistes sinon des solutions là où ne s'y attendrait pas. C'est ce que vous venez de vous démontrer à vous-mêmes après l'avoir si bien vendu à d'autres.

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