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mai 2013

Bowie never lets it down

Bowie never lets it down Nous avons eu la chance, en ce doux mois de mai et à l’occasion d’une balade à Londres avec deux de nos clientes préférées, de visiter la magistrale rétrospective de David Bowie au Victoria and Albert Museum. Nous nous attendions à une expo un peu folle, et avons finalement été plongés dans une expérience artistique hors normes, brouillant les frontières entre mythe, actualité, culture et marketing débridé. Ou l’art de s’enterrer vivant et de sortir un nouvel album en même temps.

Cela fait quelques années que les rumeurs les plus folles courraient sur l’état de santé de David Bowie. Reclus avec femme et fille dans son loft New-Yorkais, l’artiste préparait en fait son nouvel album depuis deux ans dans le plus grand secret, et n’a pas fait les choses à moitié pour marquer son retour dans les charts.

Prendre les devants et monter de toutes pièces une rétrospective sur sa propre vie, il fallait oser. Le Victoria and Albert Museum n’a pas lésiné sur les moyens avec plus de 300 oeuvres exposées et un véritable voyage initiatique au son de Space Oddity, de Starman ou de Heroes. Entre costumes d’époque et mises en scène grandioses, c’est tout l’univers artistique de la star que l’on se prend en pleine face, donnant corps à l’obsession du chanteur pour sa propre image. Une promenade à travers les quartiers tendance de Londres achève de vous convaincre de la puissance du plan marketing déployé, le mythique disquaire Rough Trade, parmi beaucoup d’autres, proposant nouvel album en écoute et objets dérivés en bonne place.



On a beau s’attendre à tout de la part des Anglais, une telle maîtrise de son image de marque donne une claque comme on en prend rarement. David Bowie a décidé de donner un tournant à sa carrière en 2013, et il n’a rien laissé au hasard dans sa démonstration de force. Le nom du nouvel album ? The Next Day. La pochette ? Celle de Heroes dont le titre a été barré et sur laquelle le visage du chanteur est masqué par un carré blanc. Le style ? Un savant mélange de jazz, de glam, de psychédélisme et de rock, ponctué d’expérimentations inattendues. Revisitant son passé, jouant avec son propre myhte et multipliant les références, Bowie met fin à sa carrière de son vivant et avec l’art et la manière, allant jusqu’à s’offrir une tournée dans les musées, dont la Philharmonie de Paris en 2015.

Définir la stratégie de son image de marque à 5 ans ou à 10 ans est accessible à tous. La définir à l’échelle d’une vie en orchestrant son propre mythe de manière lucide et éclairée est beaucoup plus troublant. Tellement troublant que l’on ne sait plus trop dire s’il s’agit de mégalomanie, de simple maîtrise de son image ou de génie. Nous avions déjà évoqué dans une précédente tribune la nécessité pour les dirigeants de travailler leur image de marque personnelle. Dans le cas des artistes, la frontière entre image publique et personnalité intime semble, vu de l’extérieur et sans être experts du milieu, beaucoup plus fine que pour beaucoup d’entre nous. Ne se contentant pas de mettre en scène son oeuvre, Bowie met en scène sa vie, et choisit le moindre détail de ce qu’il laissera à la postérité. Une manière extrême de contrôler son image, et surtout un formidable coup marketing qu’il fallait oser.

Vianney BOURGOIS

Sources : Le JDD Culture - Bowie oeuvre d’art - 18/03/2013 / Musicorama - Bowie omniprésent - 27/02/2013 / Christian Soleil - David Bowie, le retour d’un vivant - 07/03/2013 / PureCharts - L'exposition sur David Bowie à Londres affole déjà la billetterie - 21/03/2013

le 28.05.13 à 09:13
par Nicolas THEBAUD
Bel article...je file à Londres prochainement, je vais y faire un saut !

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